Débarrassé du dernier partiel le matin, puis une après-midi longue et agréable, un élastique noir autour d'un poignet, l'odeur de ce doux parfum sur une manche... C'était une belle journée. Pourtant, indomptables et inexplicables, les sentiments sont revenus à la charge dans la soirée. Il s'était écoulé tant de temps depuis leur dernier assaut que j'en avais oublié les ravages. Le manque. La certitude d'être moins souvent avec elle l'année prochaine. La peur de ne plus la revoir à la rentrée suivante. Le manque. C'était une merveilleuse après midi, mais je sais que je ne peux espérer plus de ces moments passés ensembles. Je ne devrais pas espérer plus, je le sais mais une flamme maladive reste allumée quelque part, brulant sans oxygène et son feu me brule. Pourquoi ne veut-elle pas s'éteindre ? J'avais réussit à l'oublier, mais elle ne peut rester cachée indéfiniment. Pourquoi aujourd'hui ? Je le sais peut-être sans vouloir l'admettre... La douleur est sans doute nécessaire à la vie, mais la douceur viendra-t-elle un jour ? J'ai cessé d'y croire il y a si longtemps... Toujours le même refrain, les mêmes mots, les mêmes peines. Un cercle sans fin qui construit ma vie autour du même axe. Je voudrais dévier sa trajectoire mais je n'ai aucune emprise sur sa route. Ou bien est-ce que quelque part en moi je ne le veut pas... La douleur a de rassurant son visage familier...

